Artisanat

Tout savoir sur le maréchal-ferrant


Devenir maréchal-ferrant est un engagement important, alors avant de se lancer tête baissée, il est préférable de faire des recherches approfondies et de tâter le terrain. Josh Emsley, maréchal-ferrant à temps plein de deuxième génération, écrit que l’évaluation de soi est une première étape importante avant de découvrir comment devenir maréchal-ferrant.

La maréchalerie est-elle faite pour vous ?

Quatre heures de maréchalerie équivalent à huit heures de dur labeur de construction, il faut donc savoir si l’on est prêt pour ce travail. Il faut aussi savoir que ce métier est dangereux, car même les chevaux les plus gentils peuvent être effrayés. Donc, si vous travaillez en étroite collaboration avec les chevaux, vous avez intérêt à savoir ce que vous faites !

Pour cette raison, Emsley suggère de demander à un maréchal-ferrant s’il peut vous laisser l’observer et vous aider à acquérir certaines notions de base du métier de maréchal-ferrant. Cela vous donnera une bonne idée de ce qu’est une journée typique pour les maréchaux ferrants. Les premiers mois, années ou même plus, il vous faudra beaucoup d’adaptation pour que votre corps s’habitue au travail physique et aux nouvelles positions dans lesquelles vous travaillez, auprès des équidés.

Le métier de maréchal-ferrant est un travail physique difficile, mais cela ne signifie pas qu’il soit réservé à un type particulier de personne. Bien qu’une certaine forme physique soit requise, des hommes et des femmes de tous horizons deviennent maréchaux-ferrants, donc tant que vous êtes motivé, que vous travaillez dur et que vous aimez les chevaux, vous pouvez aussi le faire !

La maréchalerie étant devenue un métier plus spécialisé que par le passé, il y a plus de raisons que jamais de prendre le temps d’acquérir une expérience de qualité avant de travailler comme maréchal-ferrant. Comme il s’agit d’un travail pratique, l’expérience est primordiale. Cette expérience initiale est généralement acquise soit à l’école (lycée agricole, certificat d’aptitude), soit dans le cadre d’un apprentissage dans un centre équestre par exemple.

École de maréchalerie

Le niveau d’expérience que vous acquerrez dans une école de maréchalerie dépendra de la durée et de la qualité du programme. Toute expérience acquise par la suite dépendra de vous. N’oubliez pas que l’école n’est qu’un début pour votre expérience.

Apprentissages

Si vous avez la possibilité de faire un apprentissage dans des centres équestres, des haras nationaux, des centres hippiques, c’est une bonne idée de le faire, car cela vous permet d’acquérir une expérience pratique et vous permettra de trouver plus facilement du travail. Certains apprennent à devenir maréchal-ferrant uniquement par l’apprentissage, tandis que d’autres combinent scolarité et apprentissage ou se contentent de suivre des cours.

Il est important de noter que si vous choisissez d’apprendre uniquement par le biais d’un apprentissage, vous apprendrez la façon dont une personne fait les choses et vous risquez de prendre ses mauvaises habitudes. Si vous fréquentez une école, cela peut également être le cas s’il n’y a qu’un seul instructeur, mais s’il y a plusieurs instructeurs et que vous avez la possibilité de participer à différents stages et ateliers, vous serez exposé à une variété de nouvelles idées et méthodes, ce qui élargira votre éventail de possibilités.

L’apprentissage peut se faire à tout moment. Certains pensent que l’école vous apportera davantage si vous faites d’abord un apprentissage (ou si vous êtes au moins un apprenti), car vous connaîtrez déjà les bases et serez mieux à même de comprendre ce que l’on vous enseigne par votre propre expérience.

Certifications

Bien que le certificat d’aptitude professionnelle ne soit légalement requise pour travailler comme maréchal-ferrant, il est toujours bon d’obtenir une certification volontaire, même si vous n’en avez pas besoin, car elle garantit un certain niveau de compétence, ce qui vous permettra de promouvoir plus facilement vos services lorsque vous solliciterez des clients potentiels (les cavaliers, les vétérinaires ou autres métiers du cheval) – un avantage, surtout lorsque vous débutez.

Carrière ou emploi ?

Si vous envisagez la maréchalerie comme un emploi plutôt que comme une carrière, la décision de devenir maréchal-ferrant ne nécessitera pas autant de réflexion à long terme. Mais si vous envisagez le long terme, vous devrez penser à votre longévité. C’est un métier exigeant, donc plus vous serez compétent, plus vous vous faciliterez la vie et plus vous apprécierez votre travail.

Coûts de démarrage

Le métier de maréchal-ferrant comporte certains coûts de départ. Si vous suivez la voie scolaire, il y a les frais de scolarité, les frais de subsistance et les frais de transport pendant les études. En cas d’apprentissage, les frais de subsistance doivent encore être pris en charge. Un certain nombre d’outils sont également nécessaires pour travailler en tant que maréchal-ferrant, bien que certaines écoles puissent vous laisser garder les outils (pince, marteau, selle, fer-à-cheval, forge et enclume) que vous utilisez pendant vos études.

5 choses que votre maréchal-ferrant aimerait vous dire

Nous avons rencontré des maréchaux-ferrants de renom pour savoir ce qu’ils aimeraient que vous sachiez…

Tous les propriétaires de chevaux savent que sans le sabot, il n’y a pas de cheval ou de poney. Et pourtant, de nombreux maréchaux-ferrants, les professionnels qui s’occupent des pieds des chevaux, disent qu’ils ont secrètement des difficultés avec certains de leurs clients.

 1. Respectez l’horaire du maréchal-ferrant 

Une bonne visite chez le maréchal-ferrant commence bien avant le rendez-vous proprement dit. Idéalement, chaque visite chez le maréchal-ferrant devrait être programmée à la fin de la précédente, afin que le maréchal-ferrant n’attende pas la dernière minute l’arrivée de votre jument.


Tout le monde a intérêt à établir un calendrier cohérent pour le ferrage et le parage.  Cela permet d’être précis dans la planification et la tenue des dossiers, et cela donne les meilleurs résultats possibles.

Tout comme pour un rendez-vous chez le médecin ou dans un salon de coiffure, ne vous attendez pas à ce que le maréchal-ferrant soit disponible au pied levé pour les visites de routine de ferrure ou pour déferrer les clous du pied-de-cheval.

Prévenez le maréchal-ferrant si un cheval a besoin de plus de temps. La plupart des maréchaux-ferrants prévoient une petite marge de temps entre les écuries, mais il est utile de savoir s’il faut prévoir plus de temps que d’habitude pour un rendez-vous spécial.

Le maréchal-ferrant et le client doivent se prévenir mutuellement le plus tôt possible si l’un ou l’autre a plus de 15 minutes de retard à son rendez-vous.

Sachez que le client peut être facturé pour un rendez-vous manqué si le maréchal-ferrant n’est pas prévenu. C’est leur gagne-pain, et ils comptent sur ce revenu. Si vous n’annulez pas le rendez-vous, le maréchal-ferrant ne pourra pas le remplacer par un autre cheval.

Dans les écuries où plusieurs propriétaires feront voir leurs chevaux au maréchal-ferrant le même jour, affichez une feuille d’inscription et demandez à chacun d’arriver à l’heure, sous peine de perdre son rendez-vous. Les directeurs d’écurie doivent rappeler aux propriétaires quelques jours avant la visite du maréchal-ferrant.

 2. Commencez le rendez-vous du bon pied 

Pour le maréchal-ferrant, arriver à l’heure peut signifier se rendre aux écuries bien avant le rendez-vous pour préparer l’espace de travail.

La plupart des maréchaux-ferrants apprécient de disposer d’un environnement intérieur pour travailler, afin de se protéger du soleil et des éléments. Il doit être de niveau, avec une surface ferme comme du ciment pour les ferrures, bien éclairé, sec et exempt de fumier, de préférence dans un endroit calme. Il est utile d’avoir à proximité un enclos ou une arène où le maréchal-ferrant peut regarder un cheval marcher ou trotter, si nécessaire pour évaluer les problèmes de démarche.

 3. Contrôlez l’environnement pendant la séance de maréchalerie 

Il incombe au propriétaire du cheval ou au gérant de l’écurie de veiller à ce que l’environnement reste calme pendant la séance de maréchalerie.

Les chevaux qui attendent leur tour sur le cric à sabots doivent laisser beaucoup d’espace au cheval en train d’être paré, de préférence en attendant à proximité dans une autre section des écuries. Les chiens, les chats d’écurie et les autres animaux susceptibles de les distraire doivent être éloignés. Certains chiens adorent manger les parures de sabots, mais se mettre sous leurs pieds peut effrayer le cheval et mettre en danger le maréchal-ferrant.

Il n’incombe pas non plus au maréchal-ferrant de discipliner le cheval. Le propriétaire doit tenir le cheval en laisse et surveiller son comportement, même s’il s’agit d’habitudes inoffensives comme le fait de mordiller la chemise du maréchal-ferrant. Certains maréchaux-ferrants facturent un supplément en cas de morsure ou de coup de pied et peuvent refuser de revenir.

Nourrir d’autres chevaux pendant que le maréchal-ferrant travaille est difficile à la fois pour le maréchal-ferrant et pour le cheval à parer. Les chevaux affamés et distraits ne se tiennent pas bien. Il est préférable d’attendre que le maréchal-ferrant ait terminé pour les nourrir ou de les nourrir dans une autre zone des écuries.

 4. Entre les rendez-vous, entretenez les sabots 

Entre les rendez-vous chez le maréchal-ferrant, les propriétaires doivent maintenir le traitement du maréchal-ferrant du mieux qu’ils peuvent. Les sabots doivent être ramassés quotidiennement et inspectés pour détecter tout dommage. Les blessures qui nécessitent un traitement vétérinaire doivent être soignées et non laissées à la charge du maréchal-ferrant.

Les maréchaux-ferrants ferrent les chevaux en pensant que les fers dureront jusqu’au prochain rendez-vous. Cependant, les chevaux jettent régulièrement leurs fers sans tenir compte du calendrier. Demandez au maréchal-ferrant quelle est sa politique en matière de remplacement des fers jetés.

S’il s’agit d’un fer retrouvé (ou seulement d’un fer à ressort), il peut simplement facturer une visite à l’écurie ; sinon, il ne facture généralement que le coût d’un fer et une visite à l’écurie. Gardez à l’esprit qu’un fer jeté n’est généralement pas une urgence, sauf dans certaines situations thérapeutiques, comme dans le cas de chevaux souffrant de fonte.

Si la prochaine séance de maréchalerie n’a pas encore été programmée, n’attendez pas trop longtemps pour appeler le maréchal pour un rendez-vous, ce qui pourrait entraîner une croissance trop importante du sabot ferré équin entre les rendez-vous.

 5. Ne changez pas de maréchal-ferrant 

Les clients qui passent d’un maréchal-ferrant à un autre sont le fléau de la profession. Une fois que l’on a trouvé un bon maréchal-ferrant, il est inutile d’en essayer un autre, sauf en cas d’urgence absolue.


Devoir réparer un mauvais ferrage effectué par un autre maréchal-ferrant n’est bénéfique ni pour vous ni pour votre cheval. Un bon maréchal-ferrant développe une relation avec votre cheval et sa santé. Vous ne changeriez pas de coiffeur ou de barbier pour économiser de l’argent, alors pourquoi le faire avec la santé de votre cheval ?

En conclusion

Pour devenir maréchal-ferrant, il faut posséder des connaissances dans l’entretien des sabots du cheval et de son anatomie. Ces connaissances permettent de retirer la corne, les fourbures du sabot du cheval, de râpé le parage naturel et d’intervenir sur le ferrage pour chevaux. Cet entretien nécessite une bonne condition physique. Le maréchal peut être appeler auprès d’un éleveur, d’un centre équestre, en renfort auprès d’un soigneur, dans un CFA, ou même un lycée professionnelle agricole. Il peut aussi intervenir dans le domaine d’une tourisme équestre, où les chevaux ferrés, les poneys et les ânes sont utilisés comme moyen de locomotion. Tous les secteurs en lien avec l’équitation et les activités hippiques ont aussi besoin d’un maréchal-ferrant, c’est donc un métier d’avenir.